Concertation et mobilisation de parties prenantes

Pratique d’une approche systémique de concertation sur un territoire forestier en région parisienne

Les paragraphes suivants sont extraits d’un rapport rédigé dans le cadre de ma candidature pour le titre RNCP de psychologue du travail. Il rend compte d’une expérience de 6 mois d’intervention au sein d’une agence d’un gestionnaire forestier GF, sur le territoire d’une forêt domaniale en région parisienne.

La forêt pouvant être envisagée comme un patrimoine ou « bien commun » concernant un système d’acteurs, le commanditaire GF souhaitait mobiliser un ensemble d’acteurs du territoire, afin de rechercher avec eux les conditions et les moyens d’une meilleure qualité de l’accueil du public et de la gestion des déchets en forêt de F.

Je suis intervenue en tant que facilitatrice pour mener cette démarche de concertation, basée sur une phase d’entretiens individuels semi-directifs, avec une soixantaine de personnes, suivie d’une restitution aux personnes mobilisées, après la remise d’un rapport au commanditaire.

Objectifs de l’intervention

L’audit patrimonial – le nom du dispositif mis en œuvre – est une procédure d’exploration et de mobilisation stratégiques. Cette forme d’intervention vise à déterminer les conditions et les moyens par lesquels une action pourrait être prise en charge, conçue et mise en œuvre par un ensemble d’acteurs. Autrement dit, elle permet de :

  • faire se rencontrer les différentes formes d’expertise, dont celles des acteurs de la situation, en les interrogeant en tant qu’acteurs dans la situation.
  • rechercher des situations positives pour tous les acteurs,
  • mettre en lumière les chemins de changement par lesquels les acteurs pourront effectivement construire ensemble la situation désirée de façon acceptable pour tous.

Concrètement, chaque personne est interrogée individuellement, l’entretien est de type semi-directif, d’une durée variable selon la disponibilité de la personne.

Déroulement de la procédure

L’audit patrimonial est réalisé selon les étapes suivantes:

  1. Une première phase est basée sur une étude bibliographique et sur l’audition des acteurs concernés (entretiens semi-directifs, selon la grille dite I.D.P.A.)
  2. Phase d’intégration des éléments recueillis en étape 1.
  3. Rapport et restitution aux personnes interrogées

Les résultats attendus par la réalisation de la convention d’audit patrimonial sont :

  • l’audition et la mobilisation de 50 à 70 personnes,
  • l’organisation de réunions de suivi et de supervision,
  • la rédaction d’un rapport de synthèse
  • la restitution orale de la synthèse aux acteurs interrogés,
  • la proposition d’une stratégie au commanditaire

Activités réalisées

Activités préparatoires

  • Recherche bibliographique
  • Identification et choix des personnes à rencontrer
  • Prises de rendez-vous

Étape des entretiens individuels

Les entretiens sont semi-directifs et s’appuient sur la grille I.D.P.A.

J’ai rencontré des acteurs très variés, en terme de représentativité, de notoriété, de connaissance du territoire, et de niveau d’interaction avec le commanditaire : un(e) ou plusieurs élu(e)s – maire, adjoint(e)s) – et/ou agents municipaux des services concernés – urbanisme, environnement, développement durable, vie associative, tourisme – au niveau des 6 communes du territoire, des communautés d’agglomérations, des départements et de la région Ile-de-France ; des interlocuteurs au niveau des services déconcentrés de l’État; des interlocuteurs au sein d’autres organismes, sur les thématiques de gestion de l’eau et des déchets; des représentants d’associations locales;

Activités suivantes

  • Intégration des entretiens
  • Rédaction du rapport
  • Restitution aux personnes interrogées

Conclusion

Dans ma synthèse, j’ai rapporté qu’une majorité des personnes interrogées remarquaient le manque de liens et de communication entre les acteurs concernés, avec une collection de demandes et d’attentes vis à vis du commanditaire. Sans projet partagé.

J’ai montré les différents niveaux de vision sur la situation, de très locale (« micro ») à plus globale (« macro »), et la difficulté de rendre compatibles les différentes dimensions mises en question (l’accueil du public, et les dimensions paysagère, écologique et sylvicole) avec la réalité du système d’acteurs existant.

J’ai présenté mon intégration des points de vue recueillis, des actions engagées, de l’évaluation faite par les acteurs eux-mêmes, des scénarios envisagés, des propositions d’actions et chemins de changement pour transformer la situation.

La restitution a été un moment privilégié de mise en lumière et de confrontation des différents points de vue, avec une tentative de mise en discussion, pour dépasser les points de vue individuels.